Fin programmée pour « Sud de France » : un symbole viticole à revoir

Une décision qui fait l’effet d’une onde de choc

La nouvelle est tombée comme un couperet : la justice administrative française a interdit l’utilisation de la mention « Sud de France » sur les étiquettes de vins. Motif : l’expression est jugée trop large et potentiellement trompeuse au regard du droit européen sur les indications géographiques. Pour les producteurs du Languedoc-Roussillon, c’est un séisme.

Une marque régionale stratégique

Créée en 2006 par la Région Languedoc-Roussillon, la marque « Sud de France » visait à regrouper sous une bannière commune les produits agroalimentaires, notamment les vins, afin de renforcer leur visibilité à l’international. En 2024, elle figurait encore sur plus de 100 millions de bouteilles par an.

Un débat identitaire autant que juridique

Cette interdiction relance un vieux débat : faut-il privilégier la lisibilité pour le consommateur, ou la précision terroir par terroir ? Pour les défenseurs de la dénomination, « Sud de France » était un repère affectif, un raccourci mémorable. Pour ses détracteurs, elle masquait la richesse et la diversité des AOC locales.

Vers une stratégie de relance ?

Privés de ce label-ombrelle, les vignerons devront réinventer leur communication. Certains misent sur un retour aux AOP historiques comme Corbières, Faugères ou Minervois. D’autres appellent à la création d’un nouveau signe d’identité régionale, plus conforme aux règles européennes mais tout aussi rassembleur.

Une alerte pour les autres régions ?

Ce coup de tonnerre juridique pourrait inspirer d’autres remises en question ailleurs en France. Car le marketing territorial, souvent en avance sur la réglementation, frôle parfois les limites. Le cas du « Sud de France » servira à coup sûr de jurisprudence pour les années à venir.